Production des Profs

Cœur de femme dans un buste d’homme

Comme d’un hérisson que j’ai vu un soir

Au pied d’un talus, de son museau noir

Talocher sans cesse bébé peluchon

Et puis vite le cacher dans le buisson

 

Attirée par ce geste naturel

Captivée par cet instinct maternel

Assise devant lui je m’émerveille

C’est mon homme à la grâce sans pareille

 

Derrière la barbe qu’il vient de défricher

La voix de stentor, les épaules carrées

Il y a ce cœur comme celui du rongeur

Plein d’affection, de tendresse, de douceur

 

Comme un bon vin dans une grosse jarre

La rose s’épanouit entourée d’épines

La virilité jamais ne décline

Quand elle s’habille des attributs d’une femme

 

Tantôt patient et tantôt audacieux

Il ne s’accommode pas du retard

Qui oserait chagriner ce cœur d’or

Et mettre à l’épreuve l’élan généreux

 

De sa porte il a ouvert un battant

Pour que vous soyez sûrs qu’il vous attend

Il a déjà préparé le café

Femme charmante est-ce toi qui l’as habité ?

 

O Mère des cieux est-ce toi qui insuffles

Toutes ces qualités, est-ce toi la source

De l’humilité et de l’attention

De l’abaissement et de la compassion ?

 

Un chat qui change de maître n’est pas un chat

Ses amis d’un jour le sont pour toujours

Il a beau chercher de nouveaux éclats

L’horloge s’arrête sur son premier amour

 

Mon homme laisse couler ses larmes sans honte

Il n’aime pas pour autant les adieux

Il s’échappe en secret non qu’il soit brut

C’est pour vous soustraire à son lourd fardeau

 

Juste contraste, originalité

Font sa beauté, mais ce que mon cœur aime,

Ce que j’admire, c’est l’authenticité

De ce cœur de femme dans un buste d’homme.


 

Dr salma Sfeir
Papillon

Bleu taché de blanc, papillon à sa manière

Butiné, pour lui, que reste-t-il à vivre

Un jour et deux nuits ? Qu’importe puisqu’il est ivre

De parfum, de pollen, de rosée, de lumière.

La rose bâille et la tige s’étire en soupirs

Papillon bleu reviendra-t-il en ce matin ?

Le temps est venu, la petit’ bête va partir

Sans émoi et sans pleurs, sans regretter d’un brin

La passion d’un printemps ni la houle des champs,

Les grappes mûriront pour un autre passant.

Si court soit le bonheur, la terre tourne en rond

Si longue soit l’attente, les printemps reviendront.

 

Dr salma Sfeir
A la sainte Barbe


Je me déguiserai en fée pour déposer

au bout de ma baguette le château de rêves

où nous irons passer des moments enchantés ;

 

Je serai Papa Noël pour sauter dans ta cheminée

et atterrir au milieu de ton séjour ;

 

Je me ferai passer pour une enfant

afin d’aller me blottir dans tes bras

et décrocher bisous et friandises ;

 

Je serai la poudre de café dans l’eau

que tu feras mijoter de temps en temps

et qui embaumera ton espace clos ;

 

Et tantôt je serai la lune

qui éclairera ton esprit quand tu travailleras tard

et que le soleil ne sera plus là ;

 

A la sainte Barbe je me déguiserai en portée de notes

d’où tu sortiras cette chanson douce,

celle dont tu te souviens à peine,

et que ta maman fredonnait pour calmer ton chagrin ;

 

Le temps d’un rêve le cerveau s’illumine,

le cœur de réchauffe et l’esprit voyage ;

et l’un après l’autre les rêves construisent

un sommeil, un sommeil réconfortant

qui efface les traces d’une rude journée ;

 

A la sainte Barbe, j’ai rêvé…

j’ai trouvé le monde dans mon lit,

comme je le voulais, embaumé, doux,

chaud et coloré.

Dr salma Sfeir